L'épique dans l’oeuvre de Victor Hugo
Institution:
Montpellier 3Disciplines:
Directors:
Abstract EN:
This study tries to explain the importance of epic writing in Hugo’s works. Epic writing and not epic poems, because Hugo always refuses to disconnect literary genres, in particular in the case of the epic. In fact, epic totalisation concerns not only representation itself (including a cosmic immensity) but also a kind of generic fusion. That’s why it is important to analyse Hugo’s epic genealogy, in order to understand the aesthetic and ideologic dimension of his relation with epic paradigmatic authors, in particular Homere. This question also highligths the link between epic writing and greatness, even if Hugo wants to democratize this one. Here is the spring of an epic crisis: the transformation of morphologic features (length or narrativity) and also narratologic choices (Hugo contests impersonnality) are the evidence of a critic about epic traditional notions (for instance the sublime), above all after Napoleon III’s putsch. Hugo especially criticizes war, which is described as an archaic and disastrous reality. Nevertheless, Hugo’s thought about this subject is very ambiguous, and the description of a new epic style, in William Shakespeare, is not really confirmed by his works: many problems or contradictions suggest that struggle (also in a cosmic meaning) is a very important feature, which could explain the importance of an epic writing in Hugo’s works.
Abstract FR:
Au-delà de ses seules épopées, le caractère épique de l’écriture de Hugo est unanimement reconnu : cette étude tente d’expliquer cette prégnance de l’épique. L’épique, et non l’épopée, tant Hugo refuse tout cloisonnement générique, en particulier dans le cas de l’épopée, puisque la totalisation épique concerne aussi bien le champ de la représentation, élargi jusqu’à l’immensité cosmique, que la fusion des genres. Une réflexion sur la généalogie épique de Hugo semble donc pertinente pour cerner les enjeux esthétiques et idéologiques de sa relation aux paradigmes du genre, Homère restant malgré tout le plus cité. Cet axe permet en outre d’associer épique et grandeur, mais une grandeur que Hugo cherche à démocratiser. Naît de ce fait une crise de l’épique : la transformation de critères morphologiques (longueur, narrativité) ou narratologiques (refus de l’impersonnalité) est le révélateur d’une mise en cause beaucoup plus fondamentale des « valeurs » épiques (le sublime par exemple), surtout après le coup d’Etat de Napoléon III, catalyseur d’une satire de l’épopée traditionnelle. La dénonciation de la guerre, jugée archaïque et mortifère, en est le signe fort. Toutefois, la position hugolienne est plus complexe, et son projet épique plus ambivalent que l’annonce d’une nouvelle épopée, dans William Shakespeare, ne pourrait le laisser penser. La prégnance de l’épique et les tensions qu’elle révèle (par rapport à des formes comme l’idylle notamment) ne sont-elles pas en fait l’indice d’une vision du monde ambiguë, où le combat, élargi aux dimensions cosmiques, reste matriciel ?